Neurofeedback shamanique partant à la conquête d'un autre monde...

Cela fait un petit temps que je comptais en parler, il m'a déjà fallu quelques semaines pour m'en remettre, c'était à la mi janvier.

J'avais un souci avec mon sevrage de médicament qui m'a "aidé" à arrêter la boisson. Je vous le fais rapido : Il ne faut pas prendre le valium sur le long terme et aucun médecin ne s'en était rendu compte. De plus, quand on a un passé dépressif, il faut accompagner le traitement d'un anti dépresseur, sinon, ça vous rend un cocktail explosif dans le cerveau.

J'ai donc entamé mon propre sevrage presque comme un guerrier chimique, avec des gros moments de crises d'angoisse. Jusqu'à ce que cela se stabilise il y a environ un mois, et avec un nouveau traitement en poche récemment. Ce dernier me donne la patate et me fais boire des potions de journées à 72h. (Promis Hanyo, je t'en envoie bientôt, juste le temps de vérifier si ça passe la douane bretonne)(Tu vas voir, c'est magique, t'as l'impression qu'une minute est tellement longue que tu vas bientôt arrêter le temps).

Donc presque comme un guerrier chimique ? Ben presque oui. J'ai tenté ce que l'on appelle le neurofeedback.

Ce n'est pas encore tout à fait reconnu et chacun réagit à sa façon. Je précise que même si je fais part de mon expérience, ce n'est que mon propre cas et la personne qui m'a accompagné lors de l'unique séance que j'ai pratiquée était adorable.

Alors, voilà à peu près comment elle m'a présenté le topo avant la séance : Il en faut plusieurs pour que cela agisse vraiment. Certaines personnes adorent et l'appellent pour avoir leur "dose" (ah mais là, tomber d'une addiction à une autre... Euh...). 50 euros non remboursés mais première séance test gratuite. (Aw... 50 toutes les deux semaines, on va d'abord voir...). Eh bien oui, ce n'est pas totalement reconnu comme médecine. Mais ce qui me plaisait, c'est que le concepteur de la méthode n'est pas "enfermé" scientifiquement. Il a fait du bouddhisme, il s'est intéressé au shamanisme, il est plutôt pour les méthode douces avec pas mal de psychologie.

Et les effets secondaires ? Demande-t-il, car il sait très bien que c'est jamais peint comme un jardin d'hiver.

Surtout quelques maux de tête les premiers jours et se sentir un peu paumé.

Ah ? Bon eh bien testons. Soyons fous.

Et ça se passe comment alors ? Eh bien, on vous met des capteurs derrière la tête, vous êtes assis confortablement dans un superbe siège et on vous passe de la musique calme et relaxante pendant que vous regardez un écran qui diffuse des animations abstraites toutes chamarrées. Le cerveau et les capteurs s'envoient gentiment des signaux pendant ce temps là et ça fait parfois couper quelques micro secondes la musique. Vous donnant juste l'impression qu'il y a un petit souci dans les enceintes. (Alors qu'à la base, c'est le cerveau qui a un problème et qui grésille...).

Ok ok. Alors après être installé, tel un pilote de Camaro de ses neurones sur son siège en cuir, je lui demande qu'est-ce qu'elle a comme musique relaxante ? Elle me dit qu'elle a de tout, du jazz à des trucs classiques en passant par du synthé.

Ah bah un peu de jazz ? Elle me propose Ibrahim Maalouf. Bon... Ce n'est pas le concept du jazz relaxant que j'ai en tête... Rien que le voir se la péter me donne envie d'aller défoncer n'importe quel cuivre. Je repense au shamanisme et demande si elle a du Vangelis. Pas forcément avec la voix de Jon, quoique cela dit, si elle a du Yes, je prends aussi.

Visiblement, j'ai plus des talents de DJ qu'elle et on s'arrête sur "Christophe Colomb", ce qui me convient très bien et elle n'a que ça de Vangelis.


(alors là, de suite, on part à l'aventure de ses neurones pour y découvrir des terres inconnues...)

Elle me diffuse presque tout l'album, puisque la séance dure environ une heure. Et pendant cette séance je... Ben déjà, ça aide pas, j'ai une grave envie de pisser qui me vient. Niveau détente, même un prof de yoga aurait du mal.

Mais malgré tout, mon cerveau regarde à travers mes nerfs optiques et réagit. Je vois une licorne disposée sur l'étagère derrière l'écran (avec d'autres objets très jolis et artistiques de toute sorte) et en pensant à Vangelis... Je fais le lien avec Blade Runner qu'il a aussi composé pour le film, dont l'auteur K. Dick, ne verra jamais la fin du tournage. Et cette fin, imaginée d'après : "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" montre une licorne en origami pour suggérer le doute quant à la réelle identité du héros Deckard. Est-il, lui aussi un androïde, avec des souvenirs montés de toute pièce ?

De quoi bien partir à toute vitesse avec ma dopamine mais heureusement, l'envie de pisser me ramène au concret. La musique coupe de plus en plus et je tente de regarder l'écran qui me diffuse des flaaaaaaammes hypnotiques. Oh mon dieu... Et une heure comme ça ? Avec l'envie pressante ? Il y a des anges qui me gardent de ne pas avoir accepté son jazz...


Parfois, j'arrive à me détendre et à un peu oublier, je regarde différentes choses sur son étagère joliment décorée et l'écran qui parfois se calme, avec les tons shamaniques de Vangelis qui composent le reste de l'album.

Et brusquement, ça s'arrête. Paf. C'est fini ? Oui.

Je dis que je voudrais aller aux toilettes avant de faire part de mes réactions (et elle me dit au passage que je pouvais demander pendant la séance si c'était vraiment gênant...). Et le temps de me lever et de trouver les lieux, je ne sais plus trop où je suis.

Je reviens dans son bureau et je voudrais faire part de mes réactions mais je suis complètement déboussolé. Elle me dit que c'est normal et que l'on se reverra pour faire le point et voir si je continue.

Le temps de faire un saut chez le kiné qui connaît un peu le neurofeedback et lui aussi me dit que c'est normal. Tant que j'essaye de bien faire mes exercices, ça ira. Sauf que je commence à me sentir agressif. Et ça, ce n'était pas prévu...

Je rentre chez moi, en restant poli avec mon kiné, ayant bien conscience que je ne suis pas dans mon état normal et une fois arrivé, douleur migraineuse. Petite pointe bien désagréable qui me rend encore plus irritable.

Alors ces fameux maux de têtes. Ce sont des pointes de migraine qui ne durent pas longtemps et prennent aléatoirement le côté gauche ou droit. Suffisamment douloureuses pour déconcentrer mais pas de quoi finir dans le noir à espérer ne pas vomir. C'est honnêtement supportable mais pas agréable. Cela dit, ça m'a rendu facilement agacé, énervé, en plus d'être à l'ouest et d'avoir les nerfs à fleur de peau. Je me suis donc pas mal isolé pendant deux jours, le temps que ça se tasse et aussi pour ne pas ennuyer mon entourage. Les maux de têtes par contre, ils ont bien duré une bonne semaine. A fréquence de 4 ou 5 pics toutes les deux ou trois heures.

J'ai quand même rappelé la praticienne, pour lui rendre son questionnaire et lui faire part de mon ressenti. Mais j'ai dit que je n'étais pas sûr de reprendre une séance.

Quand je l'ai revue, donc... Une ou deux semaines après ? Toujours agréable, elle a bien écouté et noté mes impressions, et m'a également précisé que le cerveau a tendance à faire un peu comme la terrible puce d'Hanyo : Prendre une annexe dans sa chambre et foutre un gros dawa qu'on devra ranger après. C'est pour ressortir toutes les idées et les trier. C'est vrai que l'image prend du sens.

Mais bon... En ce qui me concerne, je verrai plus tard pour éventuellement recommencer.

Je ne regrette absolument pas d'avoir testé malgré les effets secondaires et je ne juge pas la praticienne. Elle ne fait qu'appliquer les méthodes qu'on lui a enseignées. Son seul crime est de proposer du Ibrahim Maalouf à ses patients.

Je la remercie quand même, de son écoute et de m'avoir offert cette séance "test".

A présent, je vais faire pipi et me lancer un bon vieux Dead Can Dance...




Commentaires

  1. Ça me rappelle la fois où j'avais tenté le Qi-Qong. Avec aucun effet secondaire hein, mais la terrible impression d'être tombée dans un délire un peu trop mystique pour moi (alors que bon, je suis clairement pas fermée à ce genre de choses hein), entourée de personnes illuminées qui avaient cependant l'air de kiffer l'instant O_o

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    1. Ah oui mais faire des trucs pareils en groupe, c'est sûr qu'il doit y avoir pas mal de personnes perchées... Là, c'est quand même assez intimiste et on se retrouve pas mal avec soi même. Et mon expérience peut-être totalement différente chez quelqu'un d'autre :) Mais oui, y a un côté mi-mystique mi-technologique. Ça me rappelle le genre de vidéos que tu trouves pour faire des exercices zen...

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