Le féminisme cisgenré et l'art d'une prose sans case

Après la charmante présentation du cliché WASP (qu'ils disent aux US...) démonté par Hanyo dans son article précédent sur la dépression post-partum , j'ai envie de parler à mon tour du cliché cisgenre dont je fais partie à présent mais avec le passé qui l'accompagne. Je m'accorde donc le droit de ne pas foutre des points partout pour chaque mot genré et de parler naturellement comme le mâle que je suis...

Donc oui, je suis de sexe masculin. (Je respecte pour autant les femmes mais mettons de l'eau dans le vin que je ne bois plus, y a autant d'infidélité chez les deux sexes.)(J'en parle d'expérience et j'envisage éventuellement d'accompagner également d'un article sur les joies du célibat...).

Je suis hétéro. (Je l'ai pas toujours été et je développe après). Olala... Je n'ai pas le droit de parler de féminisme à la place d'autres femmes ayant pourtant participé à des projets avec Anna Circé sur la prévention d'ados auprès du viol et ayant été également pro féministe à ma vingtaine.

J'ai bientôt la quarantaine et je ne suis pas un vieux pervers. (Je crois même que ma dernière idylle incroyable de fin de vingtaine m'a assez comblé et il y a des choses que je n'imaginais même pas faire un jour...).

Et je suis officialisé français en territoire breton. (Il se trouve que j'ai arrêté de boire surtout ici. Et l'alcoolisme n'est pas forcément bien vu en Bretagne.) Et comme dit mon oncle, c'est facile dans les statistiques de dire qu'on est des alcoolos quand tu vois que la majorité des régions ont tout sur place pour consommer. (Coucou l'Aquitaine et le ch'Nord). C'est sûr qu'ici, ceux qui veulent boire doivent payer. (Et on ne peut pas dire que le cidre ou nos bières légères sont aussi méchants qu'un jaja qui tâche).

Oui. Donc on disait ? Ah oui... Les cisgenres... Ca y est ? Vous avez une image de profil façon Tinder ? Sans la photo, parce que je change régulièrement de coupe de cheveux et je laisse ma barbe quand mon gamin vient me voir (parce qu'il aime bien).

Ben figurez-vous et j'en avais déjà parlé précédemment ici, que je suis passé par une case bi. Au début de ma trentaine. Je trouvais à l'époque un peu con les définitions et les codes LGBT. Pourtant ! Vers le milieu de cette trentaine, je me suis carrément posé des questions transidentitaires. Testant (pas pour faire mumuse, mais vraiment en tant que questionnement) pendant un an et demi le fait de vivre en tant que nana virtuellement. J'en ai même parlé à certains psys. Concernant mes amis proches, il y a eu des trahisons, des personnes compréhensives qui m'ont laissé parler au féminin (Merci Hanyo ;) ), et des nouveaux amis et amies sincères. Surtout une lesbienne adorable que je revois peu à cause de ses galères persos. Et j'ai fait également la connaissance de personnes en fin de transition ou au début. J'ai aussi parlé à Selene Tonon longtemps et je l'ai même rencontrée et je ne peux que la remercier de son soutien moral. Mais voilà... Au bout d'un certain temps, surtout avec les soucis juridiques qui accompagnaient la remise en cause de l'autorité parentale pour mon fils, le choix a été très rapidement fait.

J'ai défendu les droits LGBT comme j'ai pu et puis je constatais que chaque case se tirait dans les pattes et que je ne savais même pas dans laquelle je me situais... Queer a été une idée mais j'ai fini par en avoir marre, tout comme la ponctuation. Oui... Je sais... La langue française n'est pas égalitaire. Bon, pour l'instant je fonctionne avec, en tant qu'auteur, mais déjà que c'est pas évident de se corriger pour une oeuvre comme un livre, je vais pas en rajouter une couche de taf, à foutre des "é.e.s" partout. Sans parler (mamamia) de la conjugaison. Avouez que ce serait assez lourdingue à lire et difficilement digeste.

Donc j'en ai un peu marre de toutes ces histoires. Là... Quand je réalise déjà que la musique des 90's de mon adolescence est un truc de vieux.

"Mais comment après tout ça, est il devenu cisgenre ? Il s'ignore en fait !"

Ah ben non pas du tout... Ma dernière ex d'importance était une sacrée cisgenre qui voulait de l'Homme, un Vrai. De celui qui sait ouvrir des huîtres. Qui culbute en motocultage avec le gros pilon. Mais attention, faut aussi qu'il soit sensible hein. Qu'il pense sans arrêt à lui acheter des bijoux et des fleurs et la sorte pour ses parades. (C'est ça sensible pour certaines, c'est le toucher au larre-feuille). Et puis qu'il défende son territoire comme son chien qui pissait un peu partout autour de la maison. (C'est bien, je peux mettre dans mon CV de séduction que j'ai éclaté la tête d'une vipère avec une bonbonne de gaz et que je sais faire des bras de fer en battant le gendre qui bouffe comme le PIB du Japon).

J'ai tenté de correspondre à ses attentes puisqu'on est con quand on est amoureux et puis j'ai lâché l'affaire après m'être bataillé pour qu'elle s'en sorte alors que j'avais aucune reconnaissance, si ce n'est celle des banques.

Donc non, je suis pas vraiment cisgenre à fond dans le cliché du cro magnon. Je suis simplement un hétéro qui s'est posé pas mal de questions et toujours en faisant attention même si pas mal de choses m'ont échappées.

Ce qui est sûr, c'est que j'aurai pas mal profité d'expériences et que je peux à présent en parler avec ma façon de voir les choses. On se sent moins con et au moins, on sait de quoi on parle.

Et rien ne m'empêche de continuer à écrire des poèmes ou d'écrire des fictions à la première personne féminine, tout comme je peux être trash à la Chuck Palahniuk Style

On en enrichit la palette et on change de perspective quand on veut.


Commentaires

  1. Je n'ai pas le millième de ton vécu. Je suis bisexuelle. Et d'expérience, à l'époque, on était la plèbe de l'humanité. Rejetés par les hétéros parce que considérés comme homos, rejetés par les homos parce que considérés comme des traîtres. Rejetés par la société parce que merde, fais un choix quoi !
    Moi j'aime une personne. Pas un pénis ou un clitoris. Je sais m'amuser avec les deux, merci.
    Quant au genre... écoute, j'aime les super-héros, la Formule 1 et péter des murs à coups de masse pour créer une nouvelle cloison en BA13. Mais dans le même temps j'aime les colorations de cheveux, le vernis à ongle, et j'adore me faire papouiller les cheveux chez le coiffeur ou le corps chez l'esthéticienne. Donc je suis MOI. Et c'est déjà pas mal.
    Ma fille ? Elle porte des vêtements "de garçons" et "de filles". Du rose, des paillettes, des robots et des marins. Sa chambre ? Vert d'eau avec des touches d'aubergine. Ses peluches ? Les licornes se battent la vedette avec les dinosaures. Si elle réclame un circuit 24 au lieu de Barbie, elle l'aura. Si elle veut devenir pompier, je l'y encouragerai. Si elle veut "s'habiller en garçon" (genre quoi, un jean et la couleur bleue ?), pas de souci, y'a déjà tout dans sa penderie.
    Foutez-nous donc la paix. Laissez-nous aimer. Laissez-nous nous habiller comme on le souhaite. Merde.

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    1. Très bien dit. Et ce n'est ni le genre, ni la sexualité qui définit le caractère, parce que chaque personne que j'ai rencontré était différente. J'avais un très bon ami "gay" qui finalement s'est ressenti gender fluid. Et il était pas à fond sur le fait de mettre des personnes dans des cases. Il aimait les mecs autant que de profiter de son profil andro pour se faire passer pour une nana sans pour autant vouloir changer de sexe (et il m'appelait "pouliche" ;) ). Le fait qu'on ne se parle plus est uniquement dû à la vie et à des oppositions de caractères qui ont fait que l'on n'était plus d'accord. Comme des potes qui s'embrouillent. Et puis il y a des personnes revendicatives et agressives partout.
      Quant à ta puce, tu verras bien. Le mien est parti pour l'instant pour être très "garçon" si on peut dire ça comme ça... Il fait bien ce qu'il veut, tant qu'il est heureux. Et je n'ai jamais tenté de l'orienter dans tel ou tel sens. C'est lui. Sera-t-il permissif ? On verra aussi.

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