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De base, si la burne n'avait pas été out, on parlerait pas de burn-out


WOOOOOOW.

Titre d’article le plus dégueulasse du monde, on va pas se mentir.

Alors attention, là, on va tailler dans le vif. Dans les clichés. Dans la "normalité". Dans les coutumes.

J'ai 35 ans, je suis blanche, je suis maman, et fonctionnaire.

Ayé. Allez-y, ami.e.s vieuphobes (Yann Moix ?), blancophobes (c’est bien pratique pourtant le tippex, je vous comprends pas), mamanophobes (oui, on n’est pas toutes des MILF, je comprends votre désarrois) et fonctionnairophobes (ah, on me souffle à l'oreillette que ça s'appelle êtres français, ça, ok), déversez votre rage, comme ça ensuite on parle de choses sérieuses et on n’y revient plus.

...

C'est bon ? Bah, z'aviez pas grand chose à dire finalement, voyez, vous vous plaignez toujours pour rien et au final quand on vous incite à prendre la parole y'a plus personne. Bravo.

Donc.

Je l'explique – de manière rigolote décomplexée mais pas trop – sur mon chez moi : je n'étais pas configurée pour devenir maman.

Alors non, je vous parle pas physiquement, je suis « un être de genre féminin » depuis ma naissance, ça me convient parce que ça ne m'empêche pas de regarder la F1 et aimer les jeux vidéo. Je n'ai aucune saleté de maladie qui m'empêche de procréer, et mener une grossesse à terme. Mais clairement, psychologiquement, y’avait comme un blocage en haut.

Mon enfance a été celle de nombre d’entre nous, élevée par mes deux parents, malgré papa qui travaillait beaucoup pour nourrir tout ce petit monde. Pas de traumatisme particulier, rien qui ne m’ait fait me rouler en boule lorsque j’ai appris ma grossesse, bien au contraire, j’y ai vu un moyen « libératoire » de gérer mes quelques dramas, de ne pas faire les erreurs que je pouvais – justement ou injustement – attribuer à mes propres parents.

FAUTE.

Un bébé n’est pas un médicament, ni une thérapie.

Un bébé, ça vous éclate en pleine gueule. Tout ce que vous pensiez réglé, géré, enterré ? BAAAAAM ! Shit is back, baby.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais sachez que je n’ai hélas pas eu la chance d’avoir une grossesse merveilleuse et idyllique, que ce soit physiquement ou moralement, car non, lorsque vous êtes enceinte le monde ne s’arrête pas, et si vous aviez des emmerdes de quelque sorte que ce soit avant, n’allez pas croire qu’elles vont se mettre sur pause pendant 9 mois.

Donc, pour ma part, une grossesse pas top, ok. L’accouchement ? Césarienne. Aoutch. Après je vais pas vous mentir, pour des raisons qui me sont personnelles et que je développerai peut-être, ou pas, en d’autres lieux qu’ici, je préférais une césarienne.

Tout s’est parfaitement passé, j’ai pu passer une petite minute avec ma fille toute fripée avant qu’elle n’aille rejoindre son papa en premiers soins.

C’est après que la merde commence. LES HORMONES.

Vous connaissez, messieurs-dames, je vous dresse pas le topo. Sauf que.

Là, c’est un déferlement d’hormones. Vous n’êtes pas chez vous. Y’a un défilé non-stop de gens en blouse. Des gens qui vous piquent les veines, font votre toilette intime, prennent votre tension. Des gens qui viennent voler votre bébé pour lui faire on ne sait quoi, « on vous ramène votre doucette dans une petite heure ». Vous êtes à la fois trop et trop peu entourée, dans votre chambre, avec votre bébé livré sans mode d’emploi. Les autres mamans – que vous croisez dans les couloirs les rares fois où vous sortez – ont l’air de tellement mieux gérer que vous.

Les HORMONES. Le baby blues, qui intervient aux alentours de 3 jours après la naissance, quasiment personne n’y coupe. On se sent tellement heureuse ! Bébé est là, il est si beau… On se sent tellement mal ! Bébé est là, je suis si nulle…

Fort heureusement, le big bang émotionnel se tasse avec les hormones qui se régulent, l’entourage, le dialogue, le soutien, le rythme de la vie, tout ça tout ça.

Sauf.

SAUF.

Certain.e.s sont touché.e.s – sans qu’on sache pourquoi – par une dépression post-partum.

Un long… long… long voyage. Au plus profond de soi. Au plus profond de ses névroses. Au plus profond de toutes ces casseroles que vous ne pensiez plus vous trimbaler, sauf que si.

Et là c’est l’enfer.

Les hommes aussi sont concernés par la dépression post-partum

Aujourd’hui, ma fille a 8 mois, et je peux dire que ça va mieux. Mais c’est encore très fragile.

(et au moment où j’écris ses lignes, elle se réveille d’une sieste et tente de préparer son corps à l’admission au Cirque du Soleil, je pense)

Bref.

« La dépression post-partum, comment ça s’attrape ce truc ? »

Aucune idée. Il existe sûrement pléthore de tests cliniques sur ce qui déclenche ça, ou pas. Reste que ça te tombe sur le coin de la gueule, et qu’avec un bébé à gérer t’avais vraiment pas besoin de ça en plus.

« La dépression post-partum, c’est quoi ? »

C’est quand tu regardes ton bébé, et ressens une vague d’émotions contradictoires. Tu l’aimes. D’un amour inconditionnel. Incommensurable. Mais en même temps… potentiellement tu regrettes. Tu regrettes parce que – réellement ou pas – tu n’y arrives pas. Tu n'es pas à la hauteur. Tu ne le mérites pas.

Tu n’arrives pas à comprendre ses pleurs. Tu n’arrives pas à te souvenir de la dernière fois où tu lui as donné le biberon. Et sa couche ? Tu l’as changée ? Il a dormi combien de temps cette nuit ? Chérie, on mange quoi ce midi ? Vite, on va être en retard ! On peut jouer au Monopoly ce soir ? Quand est-ce qu’on mange ? Chérie, elle est où la carte Leclerc ? J’aime pas le maïs ! Tu m’avais pas dit qu’il fallait racheter du doliprane. Je m’ennuie… Ouiiiiiiin ! Ouiiiiiiin !

La charge quotidienne est trop lourde. Tu te mets trop la pression, selon tes proches. Pour de vrai, ou pas. De ton fait, ou pas. L’entourage est incroyablement culpabilisant, mais ça part toujours d’un bon sentiment. « Stresse pas, il le ressent, c’est pour ça qu’il arrête pas de pleurer ! »

MON.BÉBÉ.PLEURE.PAR.MA.FAUTE.

Mon bébé est malheureux. Je suis une mère pathétique. J’aurais jamais dû. Ce pauvre bébé va devoir me supporter comme mère alors que je ne vaux rien. J’aurais jamais dû.

« T’as un bébé magnifique et tu te plains ! »

Il est magnifique, mais j’y comprends rien. Je vais le casser. Je vais l’impacter avec mon incompétence, mes dramas, mon stress… quoi ? Mais si, c’est EUX, tous les autres, qui disent que tout ça, tous ces pleurs, c’est la faute à mon stress. Ma faute. Je vais détruire mon enfant parce que je ne vaux rien.

« Tu devrais peut-être consulter... »

Oui c’est sûr. Mais pour ça il faut pouvoir le confier quelques minutes à autre chose qu’une télévision ou des bras dont la tête va s’énerver sur l’enfant dès qu’il va pleurer. Et après, enfin, le sacro-saint. LEXOMIL. XANAX. L’amour maternel chimique. De quoi te convaincre que sans ça tu ne peux pas aimer ce petit être si merveilleux. Erreur. Tu l’aimes ton petit. C’est peut-être même là une partie du problème.

Go ask Aliiiiiice... I think she'll knooooow...

Tu l’aimes trop. Mais mal. C’est si important pour toi, de bien faire, de palier aux manquements que tu as toi-même eus enfant, que tu ne sais plus prendre de recul, lâcher prise sur l’incontrôlable, et tu fais de la merde.

Tu veux être parfaite. Tu veux un bébé qui sourit tout le temps, ne pleure jamais, et a un bouton avec code couleur qui t’indique si là c’est la couche, le biberon, les coliques ou l’envie d’un câlin.

Scoop. Ça n’existe pas. Scoop bis : tu es parfaite. Le meilleur être pour ton bébé. Tu l’aimes ? Il n’a besoin de rien de plus, tout va se mettre en place. N’oublie pas que même s’il a passé 9 mois dans ton ventre, vous DEVEZ apprendre à vous connaître. Continue ton traitement, parce que les rechutes sont fréquentes, et ton entourage ne le comprendra sûrement pas d’ailleurs.

Et respire. Lâche prise. Parce qu’une dépression post-partum peut durer. Parce que si tu sors de ça, ce n’est pas pour autant que le reste du monde va te foutre la paix ou te donner une médaille. Parce qu’on est vite débordée, maman, qu’il y a toujours quelque chose à faire dans la maison, qu’on n’a jamais le temps de prendre du temps pour soi. Parce qu’une dépression post-partum peut vite devenir un burn-out parental.

Il est VITAL de se ressourcer. Pas de se reposer non, même si c’est évidemment vital aussi. Se RESSOURCER. Prendre du temps pour soi. Parce que si tu vas mal, tu n’es pas au top pour t’occuper de ton petit.

Ton petit mérite le meilleur. Ton petit mérite la meilleure version de toi. Et tu le mérites toi aussi.

Accroche-toi. C’est le plus angoissant, mais le plus merveilleux des rollercoasters que tu vis.

Souris. Et reprends un Xanax.

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